Fête des mères

Publié le par hypos

Ce blog devient une page blanche sur laquelle je m'autorise de temps à autre à écrire autre chose que la surface lisse des choses. De plus en plus souvent, au fur et à mesure que l'engagement diminue et que les illusions se meurent.

Ce blog quitte son aspect de réfrigérateur pour accueillir la brulance du feu intérieur, des doutes, des peurs.

J'ai mis un an à apprivoiser cette page vierge, à en être sujette, à en être victime consentante soumise à ses stats. Je m'en fous désormais, comme je me fous, ce soir, de tout ce qui peut concerner autre chose que mon pauvre petit être, minuscule braise perdue dans le monstrueux brasier humain. 


Je vais mourir ainsi que tous ceux que j'aime. Et je ne le supporte pas. Cette pensée me terrorise depuis que j'en ai pris conscience.  De ma vie gribouillée ne resteront que des traces éparses.

Et mes enfants pour lesquels je m'angoisse.

Je leur laisse une planète-calvaire, un non-sens.
Des souvenirs douloureux, un futur...
Un futur... ?


J'adore aller sur facebook, j'y suis leur "amie".
J'aime partager avec eux les photos de leurs soirées et de la vie qu'ils mènent loin de moi. J'aime les savoir dans le présent. J'aime les découvrir "autres". J'aime les savoir "eux". 

Et toute cette joie m'explose à la gueule.
Comme me saisissent à la gorge leurs peines.

Ils sont la VIE qui me donne envie de hurler et tant d'émotions me chavire.

Et je tangue entre amour, douceur et violence. 
Et la culpabilité me hante. La colère m'habite. L'amour me submerge.


Repos !
Car ce soir maman pleure. 


Parce que  maman est aussi la fille de sa maman à elle.
Maman est aussi une soeur.
Maman est aussi une amie.
Maman est aussi une femme active.
Maman est aussi une femme engagée.
Maman est aussi une femme.


Et maman veillie.


Fragmentée, écartelée, disséminée, esseulée, bousculée, chahutée,
Maman est surtout un masque.


Publié dans L'état de mère

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article