Matins

Publié le par hypos

Ce qui me connaissent bien savent que je ne suis pas une femme apprêtée. Dommage car j'aurais aimé pouvoir partager les préoccupations des blogs de filles, bavasser sur les dernières marques à la mode, pouffer en échangeant des astuces beauté ou disserter sur les joies de la maternité.

Je suis constituée d'un autre bois..hm...plus brut…de décoffrage.

Cela ne m'ôte pas toutefois l'envie de me faire belle parfois, mais la configuration de ma vie ne me le permet décidément pas !

Prenons comme exemple ce matin.

Réveillée en fanfare par une altercation de plus dans la chambre des filles, je déboule le cheveu raide et la mine grognon pour stopper les hostilités. A peine engagée dans le couloir, je suis incontinent immobilisée dans mon geste par un fracas de casseroles dans la cuisine où  les deux chiens fricotent. Je bifurque donc vers ladite pièce et poussant des hurlement, je me mets illico à distribuer des taloches et à nettoyer le lait renversé.

Evidemment, trois secondes après avoir mis pied à terre, j’ai déjà ma bonne vieille ride du lion bien creusée et je ressens déjà les premières douleurs de stress dans le haut du dos.

Je décide donc de m’offrir une accalmie avec un premier café largement mérité.
Saperlipopette ! ON est déjà passé par là, la cafetière est vide ! Je relance la machine et envisage de prendre une bonne douche pour me mettre en forme.
Nom d’un petit bonhomme ! ON a déjà investi les lieux : ils sont trois dans l’espace, l’un dans le bain, l’autre qui se maquille, la troisième qui prend la pose devant le miroir.
Toujours hirsute, je vais secouer le dernier qui forcément dort plus profondément les matins d’école que les dimanches et fêtes puis je retourne à la cuisine et me colle aux fourneaux pour préparer le panier-repas de mon allergique en PAI. Pendant que le steak cuit doucement, je balance sur la table à la va-vite son bol de lait et ses biscuits de régime, et je vocifère alors qu’il se hâte avec lenteur et qu'il me faut surveiller le petit déjeuner convoité par le molosse.

Cela fait un peu plus d’une demi-heure que je suis réveillée, je suis déjà hors d’haleine, moulue, stressée et j'ai le poil qui sent le graillon.

La salle d’eau est miraculeusement libre, j’abandonne l’idée du café et m’engouffre sous la douche.
Bizarre.
L’eau bouillante devient rapidement tiède.
Je m’en inquiète auprès de l’aînée revenue justement là pour fignoler sa coiffure : « Ah oui, c’est vrai ! – dit-elle – J’ai oublié ! Il y avait hier un papier pour dire qu’ils allaient couper l’eau pour travaux à partir de 7h30 aujourd’hui ! ». De fait, le jet est devenu glacial. Je grelotte, encore toute moussue.
Pour passer les effets calamiteux de cette douche énergisante, je m’étrille comme un cheval et me couvre de vingt  épaisseurs de gilets au lieu du joli pull que j’avais envisagé de mettre.

Aaahh ! Le café ! …Enfin….Et quelques « bonjour, bonjour ! » sur mes réseaux virtuels, histoire de faire tomber la pression.

Salut, Schlack ! Ciao, Boum ! Bye, Tangg !  La porte claque trois fois, je sursaute trois fois en grinçant des dents, les grands sont partis. Dans leur sillage, trois effluves de parfums différentes me permettent d’enregistrer leur tour de rôle.

Je jette un œil au petit scotché devant un dessin animé, rectifie la mèche, reboutonne le gilet, rentre les épaisseurs dans le pantalon, refais les lacets…Merde ! le steack ! ! ! !
Il ne reste plus qu’un bout de viande sec comme l’amadou au fond de la poële. Bon, ce midi, ce sera raviolis !

8h10, il faut que je me dépêche ! Allez, hop ! Une petite beauté : je cherche la brosse à cheveux et la récupère  sous la couette de la plus jeune, je cherche le mascara et ne le retrouve pas, je cherche ma crème teintée et ne dégotte que la Nivéa. Bien. Va pour le style « nature ».

8H23. Pile à l’heure ! « On fiiile ! ». La porte de l’appartement est ouverte, j’appelle l’ascenseur, j’attrape mon sac à main, le sac de classe, le sac de PAI, mon écharpe, mon manteau, mon gamin, son écharpe, son manteau, son bonnet, je fourre le tout dans le monte-charge….

Aujourd’hui encore, je ne serai pas sur mon 31 !


Publié dans L'état de mère

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marie laure 22/01/2009 20:48

@Flèche et Françoise
Je rêverais d'être féminine jusqu'au bouts des ongles (rouges), je rêverais de pouvoir marcher sur des talons de 15cms, mais quand cela m'arrive (environ une fis tous les dix ans), ça devient un vrai cauchemar :-)

Françoise Boulanger 21/01/2009 23:43

Tu nous fais rentrer dans ta salle de bain quand même !
Superbe scène digne d'être tournée telle quelle dans un court métrage, dialogues et bruitage compris !
Quant au maquillage tu n'en as sans doute pas trop besoin tant tu sembles belle au naturel. D'autres qui prennent le temps de le faire se trompent peut-être de priorité... ou se dissimulent derrière une apparence par manque de confiance ? Hum, on se demande à qui je pense.

fleche 13/01/2009 07:41

Merci Marie-Laure pour ce billet qui amène le sourire sur nos lèvres.

J'aurai probablement le temps d'en passer un peu plus dans la salle de bains, oui mais voilà, je n'aime pas !

GuiGrou 08/01/2009 19:36

Moi aussi je penserai à toi dorénavant....lorsque ma femme m'amènera le petit déjeuner au lit après avoir préparé nos trois enfants pour l'école.

marie laure 08/01/2009 18:55

C'est vrai que je n'ai pas trop le temps, comme vous voyez, pour aller courir le guilledou :))

@Fanou
Bonjour et bienvenue ! Oui, je me marre toujours quand je pense qu'au moment même où je peste, il y a en a plusieurs millions qui pestent aussi :)
Et ça fait du bien de partager et de se souvenir qu'on est pas seule dans la galère ouf !