Vivre libres

Publié le par hypos

Voilà, c’est à vous que je veux écrire.
Vous qui êtes mes sœurs, vous qui osez enfin parler. Vous qui témoignez que la vie de femme ne se résume pas à porter des jupes roses ou des couettes à sept ans et des enfants à trente. Vous qui avez le courage que je n’ai pas, celui de vous découvrir dans votre simple impudeur d’être humain, avec vos petites ou grandes souffrances du quotidien . Vous qui permettez  ainsi à d’autres de se sentir soulagées et comprises.


Bravo à toi Circé. Tu as osé vaincre l’omerta, et tu commences de décrire ta longue lutte contre l’alcool. Tu en conçois honte et culpabilité dis-tu ?  Que nenni ! Sois fière de toi car combien souffrent de ce mal sans jamais oser même l’avouer à leur miroir ?

Merci à toi Agnes. Tu laisses tomber les apparences, tu fais fi de ton image publique pour nous décrire ta vie sous l’emprise de « la sorcière des mers »… qui t’obligea vingt ans durant à choisir entre libération sexuelle et mort du désir. 


La vraie nouvelle lutte féministe, en France tout du moins,  est sans doute symbolisée ici. Par vos écrits.  Il s’agit de renverser les mythes. De dire haut et fort ce que nous sommes, ce que nous vivons. Sans craindre le regard des autres et sans se dissimuler derrière l’image attendue de la Femme.

Merci à vous deux.

Vos mots me libèrent comme ils en libèrent tant !

Aujourd’hui, chez nous, la libération des femmes passe par un dernier bastion. Probablement le plus difficile à vaincre.

Ce bastion, c’est nous-mêmes.

Nous sommes nos pires ennemies.



Tant que nous n’oserons pas dire qui nous sommes, tant que nous ne pourrons rire autrement qu'entre nous et dans le "gynécée", de nos poils, de nos désirs inassouvis, de nos frustrations, de nos désirs de vengeance, de nos violences, de l’homme qui nous a battu comme plâtre, du verre qui nous aide, du rejet que nous avons des couches et du caca, du bourrelet qui fait mal, de la vieillesse qui fait honte, de la mort qui fait peur, nous ne serons pas libres.

Tant que nous n’oserons pas dire les maux de peur d’être bannies de la communauté des « gracieuses », nous serons piégées.

Et ce silence restera le complice de ce et de ceux qui nous maintiennent sous le joug.


Publié dans Monologues

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marie laure 17/03/2009 07:40

J'ai rectifié dans la lettre parue sur femmes engagées. oui, danse ! :-)

Le Monolecte 17/03/2009 00:33

Non, ce qui me rend furax, c'est que pendant 20 ans, je n'ai précisément pas eu le choix, puisque j'ignorais tout des effets secondaires de la cyprotérone. Mon endocrino m'a décrit l'essentiel, à savoir l'action directe sur la libido, mais la liste de effets secondaires notoires est hallucinante. La sorcière des mers l'a dans l'os : je vais continuer à chanter et je vais apprendre à danser avec ma queue de poisson, voilà tout!