Hypogée, ce qui se développe au-dessous de la surface du sol, dans la terre, dans les grottes ou les eaux souterraines ...



Petits papiers classés

Derniers Commentaires


Il y a    personne(s) sur ce blog
5
Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 13:02

http://img.over-blog.com/400x397/2/85/11/81//Copie-de-Image-4.jpgLe monde entier, parfois, me pèse.


Qu'est-ce donc que ces intrusions incessantes dans notre bonheur ? Pourquoi faut-il que ceux qui souffrent trouvent naturel de laisser partout leurs scories ? Pourquoi faudrait-il payer pour une faute qui n'est pas la nôtre ? Quel mal y a-t-il à être honnête avec soi-même et à dire "stop" à ceux qui nous aiment si mal et que nous n'aimons plus ?  Quelle est cette indécence qui autorise celui qui se pense injustement délaissé à vomir sa hargne sur l'autre ?

Je voudrais pouvoir fermer la porte et les fenêtres. Empêcher que tu sois torturé par cette voix criarde, geignarde et chicanière qui t'accuse de tout sans rien écouter ni entendre.

Je te vois et l'entends. J'ai les mains qui tremblent. Je sais que ce qu'elle crie est injuste ou biaisé. Je connais le mal que tu te donnes pour garder ton calme. Je suis témoin de tes tourments quand tu penses aux enfants qui te manquent et je ressens les blessures que t'infligent ses méchantes remarques à mon sujet.


Et nous aimerions courir léger vers demain. 

Profiter du bonheur d'avancer ensemble sur un nouveau chemin dégagé des débris du passé.  

 

Mais ce passé, le tien, le mien, nous colle aux basques comme de la boue grasse aux semelles. Nos pas légers sont alourdis. Au lieu de marcher sereins, nous pesons des tonnes. Alors que notre ciel est bleu, ceux qui apportent la pluie et l'orage grignottent chaque jour quelques heures de notre joie.

 

Comme je ne peux pas hurler, je tremble comme une feuille. Comme tu ne sais pas pleurer, tu crispes les mâchoires.

Alors, nous nous rejoignons au creux du lit. Dans notre bulle.

 

Il y fait bon.

Il y fait doux.

Le seul endroit où nous sommes protégés des autres.

Regard à regard, mains dans les mains, nos corps se réchauffent et blottis l'un contre l'autre, nous éloignons la tourmente. 

 

Nous sommes tellement, tellement fatigués.

 


 

 

Illustration de Gaëlle Boissonnard



 



Publié dans : Natures mortes - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés